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SOMMAIRE |
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INTERVIEW |
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Sophie Malka et Marco
Gregori, auteurs du livre « Infiltration. Une taupe à la
solde de Philip Morris », Editions Georg |
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Dans votre livre « Infiltration. Une taupe
à la solde de Philip Morris », vous décrivez des faits
surprenants sur les liens entre les scientifiques et
l’industrie du tabac. Qu’avez-vous découvert ?
Question découverte, le mérite revient à deux des
protagonistes principaux de notre ouvrage, Pascal
Diethelm et Jean-Charles Rielle. Ce sont eux qui ont
déniché les documents compromettants et publiquement
dénoncé l’infiltration des milieux scientifiques par
l’industrie du tabac, ce qui leur a valu un long
procès en diffamation. Concrètement, durant trente
ans, la Faculté de Médecine de l’Université de Genève
comptait, sans le savoir, parmi ses professeurs l’un
des plus importants consultants de Philip Morris.
Depuis 1970, Ragnar Rylander a mené des recherches,
organisé des symposiums aux résultats courus d’avance,
publié des articles dans de grandes revues
scientifiques sur la santé et la fumée passive, avec
le sceau des Universités de Genève et de Göteborg. Si
ici et là le nom de son employeur secret apparaît
comme bailleur de fonds d’une recherche, la nature et
l’étendue des liens qui unissaient ce professeur à
Philip Morris étaient tenus secrets. Ragnar
Rylander était en effet chargé par Philip Morris de
superviser les recherches menées sur la fumée passive
dans un laboratoire de recherche à Cologne, en
Allemagne. Constamment en contact avec les hauts
dirigeants de la Recherche et développement de Philip
Morris aux Etats-Unis, avec les grandes études
d’avocats américaines chargées de la défense des
intérêts de l’industrie du tabac, il leur fait rapport
du résultat des études, leur soumet ses projets de
recherches, les articles qu’il s’apprête à publier,
accepte leurs corrections, etc. Surtout, il n’apparaît
nulle part sur la liste des employés de la
multinationale. Philip Morris ne souhaite en effet pas
que la justice américaine connaisse l’existence de ce
laboratoire et des recherches qui y sont menées. Les
documents restent sur sol européen. C’est le siège
européen de Philip Morris, basé en Suisse, qui
rétribue le professeur. Notre livre essaye
également de restituer la réalité d’une procédure
juridique qui a duré près de trois ans: les doutes et
les espoirs des protagonistes, la complexité du
système judiciaire, et les moments clés du
procès. Et s’il faut évoquer la notion de
découverte, nous en citerons deux: le
jusqu’au-boutisme de Ragnar Rylander et lenteur,
consciente, de l’Université de Genève à prendre la
mesure de l’enjeu.
Quel était le but de Philip Morris dans
cette opération ?
Grâce au laboratoire Inbifo basé à Cologne, acheté
à l’époque où Ragnar Rylander a été engagé par la
multinationale américaine, celle-ci cherche à
connaître les effets de ses produit en matière de
fumée passive. Cela lui permet d’anticiper et de mieux
combattre les politiques de santé publique, partout
dans le monde. En tant que consultant –on devrait dire
pierre angulaire- d’Inbifo, Rylander a joué un rôle
prépondérant dans cette opération. Les résultats de
ses recherches allant à l’encontre de ses intérêts ne
sont évidemment pas publiés. Ensuite, en se payant des
scientifiques pseudo-indépendants, Philip Morris veut
maintenir la controverse scientifique. Car tant qu’il
n’y a pas de preuve scientifique de la nocivité de la
fumée passive sur la santé, l’interdiction de la fumée
dans les lieux publics ou de travail ne se justifie
pas en terme de santé publique… surtout au regard du
principe de liberté individuelle. L’industrie du tabac
a chiffré en milliards de dollars les pertes
conséquentes à de telles mesures.
Le cas décrit dans votre ouvrage est-il
isolé ou doit-on craindre d’autres cas, sur d’autres
continents et peut-être sous d’autres formes
?
On sait aujourd’hui que l’Organisation Mondiale de
la Santé a été infiltrée par l’industrie du tabac, que
celle-ci a profité de toute brèche dans des organismes
scientifiques ou institutions universitaires, toujours
par le biais d’individus, pour diffuser ses thèses.
Avec les procès américains, la mise en place
progressive de lieux publics sans fumée en Europe,
elle a subi un sérieux revers. Le jugement genevois,
premier relatif à la fumée passive, a créé un
précédent. Mais rien n’est gagné. La terre est
grande, le marché asiatique prometteur et les
habitudes difficiles à changer. Néanmoins, nous nous
sommes aperçus que, un peu partout dans le monde, des
professionnels et des militants anti-tabac luttent
contre les mensonges des cigarettiers. Mais les échos
de leurs combats ne parviennent que rarement auprès du
grand public. | |
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TEMOIGNAGE |
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Sophie, 28 ans : « Je
reste une ex-fumeuse et je suis fière de l'être !
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Ca faisait trois ans que l'idée trottait dans ma
tête, que j'essayais d'arrêter. Puis, quand j'ai fêté
mon anniversaire cette année, je me suis rendu compte
que j'avais passé la moitié de ma vie pour l'instant à
fumer. Dans un an, j'aurais passé plus d'années à
vivre avec la clope que sans la clope. Ce fut le
déclic, je me suis patchée et en
avant ! Pourtant je pensais ne jamais y
arriver... Au début, j'ai allié les patchs et les
pastilles, les gélules de millepertuis contre la
déprime et de passiflore/aubépine pour la nervosité,
le sport, les mesures alimentaires. Bref, j'ai
commencé une nouvelle vie, une vie sans tabac, une vie
où j'allais prendre soin de moi ! Et à chaque étape,
chaque tentation dépassée je prenais confiance en moi
face à la dépendance. Je crois que la recette d'un
sevrage réussi c'est : beaucoup d'informations pour
une prise de conscience suffisante, une prise en
charge pharmaceutique ou médicale (j'ai envisagé ma
dépendance comme une maladie, une maladie que je
m'infligeais et contrairement à tous les autres
malades j'avais le choix de ne plus être malade) et la
perception du sevrage comme une expérience
positive ! Il y a eu des moments difficiles,
surtout au début. Mais quel plaisir de ne plus fumer.
Le plaisir des matins en forme, de la peau en bonne
santé, des dents saines, de l'énergie retrouvées, etc.
Je pense encore à la cigarette quelque fois. Ce n'est
pas douloureux. Je ne m'en inquiète pas. Je reste une
ex-fumeuse et je suis fière de
l'être ! | |
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ACTUALITES |
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Le Moulin Rouge®, établissement
100% sans tabac |
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Le Moulin Rouge® est depuis un an le premier et
encore le seul cabaret parisien non fumeur.
L’établissement, qui reçoit 1700 clients par jour,
bénéficie du label « Ici, c’est 100 % sans tabac » de
la mairie de Paris. Les motivations de la direction
ont été de protéger son personnel de l’exposition au
tabac, de protéger les clients eux-mêmes et enfin
d’anticiper des mesures qu’il aurait fallu prendre tôt
ou tard. Le pari semble réussi puisque la
fréquentation n’a pas été affectée par cette
mesure. |
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Lire sur Tabac Actualités N°
64 |
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Ces quelques neurones, support de
la dépendance nicotinique |
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L’équipe du Pr Changeux (CNRS, Paris) vient de
publier dans la revue Nature les résultats de ses
travaux sur la localisation des récepteurs à la
nicotine dans le cerveau. Les récepteurs sont des
zones situées sur les neurones qui accueillent
spécifiquement une molécule agissant comme une clé
dans une serrure. Les chercheurs ont visé une zone
précise du cerveau, l’aire tegmentaire centrale, qui
est connu pour régir la dépendance aux drogues mais
aussi pour les performances cognitives. Ils ont
modifiés génétiquement une partie du récepteur chez la
souris, ne lui permettant plus de fixer la molécule de
nicotine. Ils ont observés que les souris
génétiquement modifiées ne devenaient plus dépendantes
à la nicotine, au contraire des souris normale, et
présentaient aussi des difficultés d’apprentissage. La
réparation, par un vecteur viral, du récepteur
nicotinique redisposait la souris à la dépendance. Ces
résultats permettent d’envisager la mise au point de
médicament bloquant le mécanisme de la dépendance à la
nicotine. |
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Lire sur Tabac Actualités N°
64 |
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Le pouvoir d'achat des Français
part en fumée et en loyer |
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Selon une enquête de l’Institut National de la
consommation (INC) paru dans 60 millions de
consommateurs, l’augmentation du pouvoir d’achat des
français (167 euros par mois en moyenne entre 2001 et
2005) est presque totalement compensée par la hausse
de certains poste de dépense dans le budget des
ménages (137 euros par mois en moyenne). Les hausses
successives du prix du tabac (+54,8 % sur la même
période) coûte en moyenne +19 euros par mois à chaque
français. Les postes suivants sont le coût des loyers
(+12 euros par mois) et le prix de l’essence (+10
euros par mois). |
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Lire sur Liberation.fr
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La Formule 1 sommée de
rompre avec les cigarettiers |
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Le tribunal de Monza a interdit à l’équipe Ferrari
toute publicité en faveur du tabac lors du Grand Prix
de Formule 1 d’Italie de dimanche. Cette décision fait
suite à une plainte d’une association italienne de
consommateurs. Auparavant, les équipes de Formule 1
contournaient une plainte précédente de la même
association en payant une amende. Dans ce sport, les
partenariats avec les cigarettiers restent des sujets
tabous. "Vu la nature des accords, les problèmes
légaux et les montants, on a décidé de ne pas en
parler", déclarait-on ainsi chez Renault F1, avant
d’ajouter : "Chaque pays a ses spécificités. Les
cigarettiers, et eux seuls, diront ce qu'il faut faire
à Monza." |
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