Célébration de la Journée mondiale sans tabac

 

Mardi 1er juin 2004*

 

* la célébration aura lieu, à Genève, le mardi 1er juin 2004, vu que le 31 mai est le lundi de Pentecôte.

 

 

Communiqué à la Presse

 

Dans le Monde et à Genève

 

 

Dans le Monde*

* tiré de l’Organisation mondiale de la santé

 

L’Organisation Mondiale de la Santé propose que la Journée mondiale sans tabac 2004 soit consacrée à la lutte antitabac et à la pauvreté.

 

En mai 2003, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a franchi une étape historique. Au terme de cinq ans d'un travail qui a permis de rassembler des données scientifiques et de dégager une volonté politique au sujet d'un ensemble de règles mondiales appelées à réglementer la vente, la promotion et la consommation du tabac, les 192 Etats Membres de l'Organisation ont adopté à l'unanimité la Convention cadre pour la lutte antitabac. En adoptant et en signant la Convention, les Etats Membres de l'OMS ont exprimé leur détermination à s'attaquer aux problèmes de santé publique posés par le tabac et ont décidé de traiter des questions aussi importantes que les mesures fiscales et des prix, les questions liées au tabagisme et à la pauvreté, la contrebande transfrontière, la publicité en faveur du tabac et la promotion, ainsi que le droit de chacun à pouvoir bénéficier d'un air non pollué à l'intérieur des locaux. Ce n'est bien sûr pas la première fois qu'une loi vient garantir un gain pour la santé publique. Dans le texte de la Convention sont mis en exergue plusieurs études et résultats de recherches qui montrent que la culture et la consommation de tabac accroissent la pauvreté, réduisent les ressources nationales et entraînent cinq millions de décès évitables chaque année. Ces arguments revêtent une importance particulière au moment d'aborder la prochaine phase de la Convention, à l'heure où les pays se préparent à signer, ratifier et mettre en oeuvre le traité. Il est important que les Etats Membres connaissent le rôle de l'industrie du tabac dans le ralentissement de ce processus.

 

Lutte antitabac et pauvreté

 

Les pays en développement subiront de plein fouet l'épidémie de tabagisme. Bien que la consommation de tabac ait diminué dans de nombreux pays à revenu élevé au cours des dernières décennies, des augmentations nettes ont été observées, notamment chez les hommes, dans les pays à revenu faible ou moyen depuis quelques années. Les pays en développement consomment près de 60 % des 5,7 milliards de cigarettes fumées chaque année et regroupent 75 % des fumeurs.

 

 A eux seuls, ces chiffres justifient des investissements dans des programmes complets de lutte antitabac. Il est toutefois important de noter que la consommation de tabac et la charge de morbidité qui lui est associée sont généralement plus élevées chez les pauvres que chez les riches. On observe des tendances analogues en ce qui concerne le niveau d'instruction et le statut socio-économique.

 

La contribution du tabagisme à la morbidité et à la mortalité a été abondamment étudiée. Par contre, on s'est moins intéressé à la façon dont le tabagisme accroît la pauvreté. Ce phénomène est dû aux dommages résultant de l'utilisation de ressources familiales modestes en produits du tabac plutôt qu'en produits alimentaires et autres besoins essentiels tels que l'éducation et la nutrition. L'argent que les ménages pauvres consacrent aux produits du tabac (entre 4 et 5 % de leur revenu disponible) est assorti de coûts d'opportunité très élevés, des ressources vitales étant détournées de l'alimentation et autres besoins fondamentaux. Ainsi, en Chine, les personnes sans instruction ont 6,9 fois plus de chances de fumer que les personnes ayant terminé leurs études secondaires, alors qu'au Brésil, les adultes sans instruction ont cinq fois plus de chances de fumer que les adultes ayant un diplôme supérieur.

 

La proportion des dépenses des ménages utilisées pour acheter des produits du tabac est souvent très élevée dans les pays en développement. Par exemple, si les deux tiers des dépenses consacrées aux cigarettes au Bangladesh étaient consacrés à l'alimentation, cela pourrait sauver plus de 10 millions de personnes de la malnutrition. De nouvelles recherches menées en Inde ont permis de constater que la consommation de tabac est associée à une moins bonne nutrition et à de moins bons résultats sur le plan de la santé de l'enfant. En Bulgarie, les ménages à faible revenu dont au moins l'un des membres fume ont consacré en 1995 10,4 % de leur revenu total aux produits du tabac. En Chine, les fumeurs ayant répondu à une enquête dans le district de Minhang ont déclaré dépenser 17 % du revenu du ménage en cigarettes. Avec les pays, les organismes de développement, les donateurs et les organismes bilatéraux reconnaissent également que la consommation de tabac a des répercussions sur la pauvreté qui vont bien au-delà des répercussions sanitaires. Dans un rapport de 1999 intitulé Maîtriser l'épidémie ; l'Etat et les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme, la Banque mondiale a étudié les dimensions économiques à prendre en compte par les pays lorsqu'ils mettent en place des mesures complètes de lutte antitabac. Ce rapport a démoli de manière systématique et scientifique les scénarios catastrophe annonçant des pertes économiques qui avaient dissuadé les responsables politiques de prendre des mesures. Les politiques qui réduisent la demande de tabac, telles que la décision d'accroître les taxes sur le tabac, n'entraînent pas de pertes d'emploi sur le long terme dans la grande majorité des pays, pas plus que la hausse des taxes sur le tabac ne réduisent les recettes fiscales ; au contraire, les recettes sont appelées à augmenter à moyen terme. Ces politiques pourraient en fin de compte apporter des bénéfices sur le plan de la santé sans que l'économie en pâtisse.

 

La culture du tabac nuit à l'environnement. La dégradation de l'environnement est due au lessivage du sol par la plante, à la pollution par les pesticides et les engrais et à la déforestation liée à l'utilisation de bois pour le traitement de certaines variétés de tabac. Une étude récente destinée à évaluer les surfaces de forêts déboisées annuellement pour le traitement du tabac a conclu que près de 5 % de la déforestation générale des pays cultivateurs était due à la culture du tabac. Le travail des enfants est également un problème critique. A la fin des années 90, l'UNICEF a conclu que l'emploi d'enfants dans la production de tabac était très répandu dans de nombreux pays producteurs de tabac.

 

La Journée mondiale sans tabac 2004 mettra en lumière les pratiques qui entraînent la pauvreté et l'entretiennent ainsi que l'exploitation des travailleurs.

 

L'industrie du tabac déforme la réalité et vise à détourner la portée de la Convention-cadre.

 

En août 2000, le Comité d'experts de l'OMS a conclu que l'action de l'industrie du tabac contre l'Organisation mondiale de la Santé allait s'intensifier dès lors que les principes directeurs et les obligations au titre de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac allaient être acceptés et gagner en légitimité dans le monde. Conscients de cette réalité, les Etats Membres de l'OMS ont adopté à l'unanimité la résolution WHA54.18 demandant la transparence dans la lutte antitabac. Il est essentiel de bien comprendre les pratiques de l'industrie du tabac pour mener à bien des politiques de lutte antitabac.

 

Ces derniers mois, de nombreuses campagnes ont été lancées pour montrer que l'industrie du tabac adhère aux principes de la responsabilité sociale des entreprises et a conscience des aspects de développement liés à cette responsabilité. Non contents de commercialiser un produit qui tue un consommateur régulier sur deux, les cigarettiers vendent également leur image de bons citoyens qui créent des emplois, aident les agriculteurs et dynamisent l'économie. L'industrie du tabac prétend que sa gamme d'activités responsables contribue à réduire les inégalités sociales en créant ou en améliorant des établissements d'enseignement ou de soins de santé, en dispensant une formation professionnelle et gestionnaire et en développant la qualité des loisirs et les activités culturelles.

 

Une philanthropie bien planifiée et bien gérée, qui va du parrainage de festivals de musique, d'art ou de cinéma à des programmes d'éducation destinés aux défavorisés en vue de protéger l'environnement, au nom de la responsabilité sociale d'entreprise, est devenue un élément nécessaire des plans d'affaires des sociétés productrices de tabac. Les grandes entreprises ont élaboré des programmes de création de petites entreprises au Kenya, de prévention de la délinquance en Afrique du Sud, de formation commerciale en Chine, de protection de la culture populaire au Venezuela et de traitement médical et de lutte contre les inondations au Pakistan. L'industrie du tabac participe également à des projets de développement communautaire au Kenya, au Malawi et au Brésil, pour ne citer que quelques pays. Il y a donc contradiction flagrante entre cette responsabilité sociale des entreprises et la promotion du tabagisme.

 

 

A Genève

 

Le CIPRET-Genève - subventionné par la Direction générale de la santé du Département de l’action sociale et de la santé – OxyGenève, les Hôpitaux Universitaires de Genève avec l'Unité mobile de soins communautaires et le Centre Santé Migrants du Département de médecine communautaire, ont sollicité 6 lieux d'accueil genevois de participer à la Journée mondiale sans tabac de l'Organisation mondiale de la santé sur le thème " Tabagisme et pauvreté : un cercle vicieux ". Ainsi, des repas festifs seront offert, le mardi 1er juin, par le CIPRET-Genève et OxyGenève, avec animation musicale, offerte par SIG (Services Industriels de Genève).

 

La Journée débutera dès 7h30, sur « Le Bâteau » 50 petits-déjeuners, se poursuivra au repas de 12h à la « Fondation Emmaüs Hommes et Halte Femmes » 40 repas – au « Jardin de Montbrillant » 150 repas et au « Cœur des Grotte » de l’Armée du Salut, foyer Mères et enfants, 40 repas. Enfin l’après-midi démarrera par « Le Caré » 150 repas et le « Square Hugo » 150 repas. Tous les repas seront réalisés par les lieux d’accueil, qui rappelons-le, toute l’année, sont ouverts. La Journée se terminera par l’Assemblée générale de l’APRET (Association pour la prévention du tabagisme qui gère le CIPRET-Genève, Centre d’information et de prévention du tabagisme). Le « Jardin de Montbrillant » accueillera cette Assemblée générale, dès 19h.

 

« Les Woodpickers » avec Eddie Pittier et Pascal Gravante Guitaristes, Vojkan Lazarevitch Violoniste et Mme Claire Honegger Pianiste ainsi que le Duo Jacques Vaney et William Riedy Swing-Guitare se déplaceront toute la Journée pour participer à l’animation des 6 lieux.

 

Durant toute la Journée, le Département de médecine communautaire sera engagé (comme toute l’année d’ailleurs) avec les infirmiers-ères du Centre de santé migrants qui tiendront un stand dans leurs locaux plus un stand au foyer des TATTES et les infirmiers-ères de l'Unité mobile de soins communautaires qui tiendront des stands dans les différents lieux d'accueil

 

Genève célébrera cette journée dans ces 6 Lieux d'accueil, associant le message de prévention et de promotion de la santé au bien-être de chacune et chacun. Le message de prévention du tabagisme et de promotion de la santé est la meilleure offre de respect de chacune et chacun avec un droit inaliénable d'accessibilité à ce message.

 

Diverses activités auront lieu dans 5 lieux des Hôpitaux Universitaires de Genève, dans les écoles genevoises avec le Service de santé de la jeunesse, à l’Université de Genève, qui rappelons-le sera totalement sans fumée à la prochaine rentré universitaire, et à SIG (Services Industriels de Genève).

 

Un affichage public a démarré dès le 10 mai sur un tram genevois et se poursuit ces jours, durant 15 jours, sur des trams et bus et en affichage SGA.

 

Genève, comme tous les cantons suisses, s’est associé au Concours national pour arrêter de fumer, concours lancé chaque année par l’Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT).

 

Différents sites internet, toute l’année, permettent de se renseigner, de se tester, etc.. Citons www.stop-tabac.ch et www.nuitgrave.ch (la version « jeunes » de stop-tabac), le site du CIPRET-Genève et de Carrefour Prévention www.prevention.ch (avec notamment des actualités et des brochures consacrées au tabac), le site d’OxyGenève www.oxygeneve.ch (sur le tabagisme passif et la protection des non-fumeurs), le site mondial du réseau de santé publique consacré au tabagisme www.globalink.org , le site de l’OMS www.who.int/tobacco/en/ (avec l’actualité mondiale et la Convention-cadre), le site des Hôpitaux Universitaires de Genève sur la prévention du tabagisme hug-ge.ch/tabac , le site de l’Association suisse pour la prévention du tabagisme www.at-suisse.ch et le site de l’Office fédéral de la santé publique www.bag.admin.ch/f/index.htm

 

Enfin, nous sommes particulièrement heureux que le logo « Le Respect, ça change la vie » www.lerespect.ch ,  soit associé à cette Journée. Ce slogan ne pouvait mieux illustrer le fait que la prévention et la promotion de la santé sont d’abord le respect de soi et des autres.

 

 

 

Genève, le 25 mai 2004 –Dr Jean-Charles Rielle - cpjmst04.doc

 

 

Renseignement complémentaire :

 

Vous pouvez consulter le site actualisé www.prevention.ch/jmst04.htm

 

Dr Jean-Charles Rielle, médecin responsable du CIPRET-Genève

mobile 078 892 35 61 / jcrielle@iprolink.ch